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Une communauté, une société ne sont pas de simples additions d'individus. Elles supposent une transcendance, une capacité de se concevoir comme un ensemble dans le temps et dans l'espace, et de se représenter comme tel. Pour ce faire, elles créent un ensemble de références, issues de la réalité objective, mais aussi de l'imaginaire de ses membres. Dans l'Ouest et le Nord-Ouest, la francophonie a eu du mal à se créer une image commune en raison de l'étendue de la région, de l'appartenance à plusieurs provinces et territoires, et de la pluralité des origines.

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À partir du début du 20e siècle, les Canadiens français remplacent les Métis en tant que groupe francophone le plus nombreux de l'Ouest. Ils ont apporté du Québec leur culture et, jusque vers 1950, la « vieille province » demeure une référence obligée. C'est particulièrement vrai pour les élites, qui reproduisent dans l'Ouest l'idéologie conservatrice de l'Église québécoise. Afin d’assurer la Survivance, les leaders canadiens-français recrutent des « soldats » dans la mère patrie, où ils puisent également courage et armes spirituelles.

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L'Ouest canadien attire aussi des Franco-Européens. Or, dans de nombreuses communautés, la cohabitation des francophones de diverses origines n'est pas du tout facile, les différences culturelles étant réelles. Ainsi, l’appartenance à la francophonie a une signification différente selon les groupes, et même les immigrants français catholiques qui adhèrent à la cause de la Survivance des francophones d'Amérique ne gagnent pas automatiquement la sympathie des Canadiens français. De plus, certains événements, la Première Guerre mondiale par exemple, ne revêtent pas la même importance pour tous les groupes. Un métissage culturel se produit néanmoins au sein de la francophonie de l'Ouest.

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Le paysage ethnoculturel de l'Ouest francophone se singularise par la présence des Métis, ces descendants de femmes amérindiennes et de Voyageurs canadiens. L'identité des Métis est mouvante dans le temps, et elle doit autant à leur position économique et au regard des Blancs qu'à leurs caractéristiques culturelles. Selon les époques, les lieux et les familles, c’est l'héritage canadien-français ou l’héritage amérindien qui est accentué chez les Métis. Pour le 20e siècle, on peut distinguer quatre grandes catégories chez les Métis : ceux qui sont intégrés à la société des Blancs, ceux qui vivent en marge des Blancs, ceux qui vivent aux abords des réserves amérindiennes et ceux qui vivent dans de petites communautés isolées.

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Le métissage est également linguistique. De nouvelles langues, tels le chinook à l'ouest des Rocheuses et le michif dans les plaines, se constituent à partir du français et de langues amérindiennes. Dans les endroits où les Métis sont davantage en contact avec d'autres francophones, le français devient la langue usuelle, mais un français comportant de nombreux emprunts lexicaux et grammaticaux aux langues amérindiennes.

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