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De tous temps, dans l’Ouest comme dans les autres régions du Canada, des francophones se sont élevés socialement. Mais ceux qui ont acquis un certain niveau social n’ont pas nécessairement une vie très différente de celle des « gens ordinaires ». C’est le cas des marchands de fourrure canadiens à l’époque de la Conquête du Canada ou, plus d’un siècle plus tard, des petits marchands généraux des campagnes ou des villes forcés de faire crédit à une clientèle pauvre.

Un marchand  - étude Les frères Binet, Mayo - image Le crédit au magasin général - document

Certains, toutefois, parmi ceux qui réussissent, établissent une distance sociale entre eux et la masse. C’est le cas d'un marchand canadien-français dans le nord de la Colombie-Britannique, des cultivateurs métis aisés de la Rivière-Rouge ou des aristocrates français dans le sud-est de la Saskatchewan.

Pierre Delorme - document Le logement d'un marchand général - document La Rolanderie - étude

Dans presque tous les cas, c’est le contexte économique qui permet l’ascension sociale. Ainsi, la croissance du commerce crée, à la Rivière-Rouge, une classe d’entrepreneurs métis dont l’importance économique est liée au nombre de charrettes que chacun possède. Parmi ceux-ci, on trouve Louis Letendre dit Batoche, dont le fils, François-Xavier, alliant commerce et promotion foncière, fonde le village de Batoche sur les bords de la rivière Saskatchewan Sud.

Commerçants métis - image Pascal Breland, roi des traiteurs libres - document Le commerçant-fondateur de Batoche - document Batoche, centre dáffaires considérables - document

Pour certains Canadiens français de l’Ouest, l’entreprise colonisatrice est l’occasion de faire des affaires tout en servant la cause « nationale ». Les plus opportunistes profitent de toutes les occasions, y compris des troubles avec les Amérindiens et les Métis. Cent ans plus tard, le monde des affaires occupe une place centrale dans la francophonie de l’Ouest et du Nord-Ouest.

Avocat, agriculteur et rancher - document Affaires à Willow Bunch - image Les hommes d'affaires d'Edmonton - document Les dépenses de Jean-Louis Légaré - document Planifier sa chance - document

L’architecture domestique reflète l’expérience des francophones dans l’Ouest. Partout dans la prairie, les colons vivent d’abord très modestement avant de se construire des habitations plus confortables. À Willow Bunch, la maison de Jean-Louis Légaré montre bien sa prospérité. À Maillardville, les ouvriers sont pauvres, mais l’abondance des ressources forestières et l’aide financière du moulin Fraser leur permettent de se construire de vastes demeures, ce qui contraste avec les petites maisons de Dawson, au Yukon.

Maison á Maillardville - image Maisons à Dawson - image

Les maisons métisses de la Rivière-Rouge sont une adaptation de la maison de la Nouvelle-France et, comme dans la vallée du Saint-Laurent, ces habitations se trouvent sur des lots longs et étroits qui donnent sur l’eau. L’intérieur est confortable. On trouve les mêmes types de maison en Saskatchewan, mais l'architecture est adaptée à l’environnement local.

Lots le long de la rivière Rouge - image Maison typique de la Rivière-Rouge - image Maison de style Duck Lake - image Colombages à Bellevue - image
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