|



|
 |
|
L’identité des individus,
comme celle des collectivités, est tributaire du
milieu où ils vivent. L’environnement, les voies
de communication, la densité du peuplement, la répartition
du groupe sur un territoire donné façonnent
les êtres. Dans les Pays d’en Haut (1610-1791), ou
Haut-Canada (1791-1841) ou Canada-Ouest (1841-1867) – autant
de noms qui ont désigné tour à tour
la province d’Ontario avant 1867 –, trois grandes régions
ont émergé : le Centre-Sud-Ouest, l’Est,
le Nord. Unies par une langue et une culture, ces trois
régions se distinguent cependant dans les façons
de vivre leur francité.
|
|
|
Les écrivains franco-ontariens
expriment leur appartenance à un territoire, et c’est
dans le Nord qu’ils crient le plus fort, comme en témoignent
André
Paiement (Moi, j’viens du Nord ’stie), Doric
Germain (La vengeance de l’Orignal) et Pascal Sabourin
(Poèmes du Nord et d’ailleurs). La Québécoise
d’origine Cécile Cloutier, qui a vécu à
Ottawa avant de déménager à Toronto,
ressent aussi le besoin de chanter le Nord.
|
|
|
|
Ce Nord, où vit le tiers
des Franco-Ontariens, doit sa naissance au chemin
de fer.
C’est lui qui amène les colons dans le Nord, c’est
lui qui les ramène vers le Sud, c’est lui qui leur
apporte ce dont ils ont besoin, c’est lui qui emporte les
produits forestiers et miniers qu’ils extraient et qu’ils
transforment. C’est lui qui donne naissance à des
communautés
francophones au tournant
du 20e siècle.
|
|
|
| Dans
ces localités pionnières, où l’isolement
pèse lourd, regarder passer le train constitue même
une forme de divertissement. |
 |
|
Avant l’arrivée du train, les seules voies de communication
en Ontario sont le fleuve Saint-Laurent et les lacs et rivières.
Les premiers Européens à parcourir ce vaste
territoire doivent donc apprendre à maîtriser
les techniques de la navigation, souvent au péril
de leur vie. C’est là une condition essentielle de
réussite.
|
|
|
| Rapidement,
les Français deviennent d’habiles canotiers. Au bout
de quelques générations, le talent de rameur
devient même un trait de l’identité des Canadiens,
ou Canayens, du Haut-Canada. |
 |
|
Plus que simples voies de communication, les cours d’eau
conditionnent le commerce et la géo-stratégie,
comme en fait foi la localisation des installations militaires,
qui se doublent de postes de traite et souvent de missions.
|
|
|
|
|
|
|