À la base des sociétés, on trouve des réseaux qui, telles des toiles d'araignée, lient les individus dans des entrecroisements complexes. Ces réseaux assurent la communication et la mobilité. Ils permettent aux individus de s'adapter aux situations qu'ils rencontrent, et c'est par eux que le pouvoir s'obtient et se conserve. Leur entrelacement forme une charpente sur laquelle se construit l'identité culturelle.
 
Dès l'arrivée des francophones en terre ontarienne, des réseaux se mettent en place. Ce sont d'ailleurs les réseaux de parenté qui sont à la base des communautés francophones de l'Ontario ; c'est par eux que la migration se développe. Qu'une personne, une famille s'installe quelque part et, bientôt, parents et amis la rejoignent. Parfois, c'est un entrepreneur ou une compagnie qui est à l'origine de la migration, mais c'est toujours par les réseaux de parenté qu'elle s'alimente. En raison de ce caractère en chaîne de la migration, la sociabilité des nouveaux venus continue de s'abreuver, pendant un certain temps, aux pratiques socioculturelles de l'endroit d'origine.

Rapidement, la sociabilité s'organise autour des institutions, des lieux publics du village. Le magasin général, le garage et surtout le perron de l'église deviennent des lieux de rencontre des francophones.

Avec le temps, la présence d'institutions agit en elle-même comme facteur d'attraction.

Ainsi qu'ailleurs en Amérique francaise, la paroisse est longtemps le « château fort de la race » , comme on disait alors. Il n'est pas rare que les quartiers francophones se forment autour de l'église, point de ralliement de la communauté.

La paroisse est un lieu d'identification au sein d'une majorité considérée étrangère. Être membre d'une paroisse, c'est faire partie d'un réseau dynamique.

Le curé s'occupe du temporel comme du spirituel, et touche donc à la vie de ses ouailles dans tous ses aspects.

Le clergé séculier est appuyé par des communautés religieuses masculines et féminines, venues du Québec et d'Europe, qui jouent un rôle de premier plan dans l'encadrement des fidèles et qui assurent une gamme de services, essentiellement dans les domaines de l'éducation, de la santé et de l'assistance sociale.

Comme ailleurs en Occident, la sécularisation envahit l'Ontario français après 1960, ce qui a pour effet de séparer deux éléments culturels jusqu'alors tenus pour indissociables, la langue et la religion.