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Dans les décennies
qui suivent le Grand Dérangement, de petits groupes d'Acadiens
pénètrent à l'intérieur des terres
et colonisent l'arrière-pays. Au début, ils le
font parce que les autorités britanniques empêchent
de grands regroupements en un endroit ; mais, rapidement,
c'est le manque de terre qui pousse les Acadiens vers l'intérieur.
À la fin du 19e siècle, l'Église
catholique se met de la partie : évêques,
curés, prêtres
colonisateurs encouragent leurs ouailles à « faire
de la terre ». Les colons, eux, ne sont pas tant
intéressés à défricher qu'à
exploiter la forêt. |
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Le Madawaska est une région
agro-forestière située au nord-ouest du Nouveau-Brunswick,
à quelque 200 kilomètres de la baie des Chaleurs.
Initialement, la population s'établit sur les deux
rives de la rivière Saint-Jean, mais le tracé
de la frontière canado-américaine, en 1842,
fait passer la rive sud de la rivière, et donc une
partie de la population, en territoire américain. C'est
une région de collines et de belles terres fertiles.
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| En plusieurs endroits, le Grand
Dérangement ne s'est pour ainsi dire jamais terminé,
la question des terres hantant les déportés, leurs
enfants et leurs petits-enfants, qui sont souvent sans titre
foncier. À la fin du 18e siècle et
au début du 19e, le problème est particulièrement
aigu à l'Île-du-Prince-Édouard et aux Îles-de-la-Madeleine,
où de grands propriétaires terriens oppressent
leurs locataires. On quitte Rustico pour le Cap-Breton ;
Malpèque pour Baie-Egmont ; les Îles-de-la-Madeleine
pour la Côte-Nord, la vallée de la Matapédia,
la Miramichi et la Baie Saint-Georges. Ces « déportations
successives », disent certains, font de l'Acadien
un être traqué, qui doit toujours se défendre
contre les descendants spirituels de Charles Lawrence, le maître
d'œuvre de la Déportation de 1755. À preuve, soutiennent-ils,
l'expropriation par le gouvernement fédéral, en
1971, de plus de 200 familles pour créer le parc national
Kouchibouguac. |
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| Aux 19 e et 20
e siècles, les Acadiens émigrent aussi à
l'extérieur des provinces atlantiques. Boston, plutôt
qu'Halifax, est longtemps la capitale économique du sud-ouest
de la Nouvelle-Écosse, et nombreux sont les Acadiens
à prendre la route des « États »
ou de « l'Amarique »,
mouvement qui, comme au Québec,
inquiète les élites laïques et cléricales.
Après la Deuxième Guerre, Montréal, Toronto
et, plus récemment, l'Alberta deviennent des pôles
d'attraction majeurs. Leur prospérité contraste
avec le sous-développement des provinces maritimes, notamment
de la région du nord-est du Nouveau-Brunswick et de Terre-Neuve.
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