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| L'identité
acadienne est en fait
fragmentée par les
appartenances provinciales et régionales. Deux régions
ont même
développé des
identités distinctes : la côte
ouest de Terre-Neuve et le
Madawaska. À Terre-Neuve, jusqu'à la Deuxième
Guerre mondiale, l'identité francophone se rattache
tout autant à la France qu'à l'Acadie ;
cette spécificité culturelle est d'ailleurs
renforcée par l'isolement
géographique.
Si l'établissement
d'une base militaire américaine à Stephenville,
en 1940, inaugure un processus d'acculturation accélérée
à la culture anglo-américaine, une renaissance
a toutefois lieu dans les années 1970, et des jeunes
affichent fièrement leur identité française,
leur identité franco-terreneuvienne. |
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| Le Madawaska se réclame
également de deux origines : acadienne et canadienne-française.
Jusqu'au milieu du 19e siècle, c'est un territoire
isolé revendiqué par la Grande-Bretagne et les
États-Unis. Après le tracé de la frontière
internationale en 1842, la région continue d'être
marquée par l'influence des États-Unis. En même
temps, les Madawaskayens gardent leurs distances envers le réseau
international et les symboles nationaux acadiens. À bien
des égards, ils sont plus près des Québécois
que des Acadiens. Il reste de tout cela une identité
plurielle et une symbolique distincte, qui s'affirme dans l'appellation
« brayon » et dans la référence à
la mythique « République du Madawaska ». La
première remonte aux débuts du peuplement mais
son origine est incertaine ; elle renverrait soit au brayage
du lin que pratiquaient les pionniers au moyen d'une « braie »,
soit aux guenilles qu'avaient portées les habitants dans
les temps de misère. La « République du Madawaska »,
elle, renvoie à la tentative d'établissement d'un
gouvernement autonome par John Baker, un aventurier américain,
en 1827. |
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| Comme partout
ailleurs, avant l'avènement des communications de
masse, les francophones des Provinces de l'Atlantique développèrent
des us et coutumes qui reflétaient leur vision du monde
et à partir desquels s'est bâtie leur tradition
orale. Ces légendes remontaient parfois à la nuit
des temps. Dans certains cas, elles témoignaient d'une
appartenance au milieu maritime. Dans d'autres cas, elles transmettaient
le souvenir d'un événement
national ou local, ou dénonçaient des situations
d'injustice. Selon le milieu et les influences extérieures,
on trouvait d'ailleurs des versions différentes
pour les contes. Les coutumes aussi variaient, même dans
des territoires aussi restreints que ceux des Îles-de-la-Madeleine
ou de l'Île-du-Prince-Édouard, où la façon
de courir la Chandeleur différait selon les localités.
Avec l'avènement des médias de masse, on
pratiqua de moins en moins les vieilles traditions. Ainsi, la
fête de la Mi-Carême a survécu presque seulement
à Chéticamp, en se modifiant toutefois.. |
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| La tradition reste néanmoins
centrale dans l'art populaire, qu'il s'agisse des
tapis crochetés de Chéticamp, des courtepointes
et couvre-lits de l'Île-du-Prince-Édouard ou de
ces villages miniatures qu'on retrouve partout en Acadie. De
nombreux artistes continuent aussi de s'appuyer sur la tradition
et de se réclamer de l'Acadie ; c'est
le cas entre autres d'Édith Butler et de Lorraine
Diotte. Pour certains, en fait, incarner l'Acadie, c'est
faire uvre politique. Mais nombreux également sont
ceux qui ressentent le besoin de partir, fût-ce momentanément,
d'un milieu qu'ils jugent étouffant ou de s'en éloigner
sur le plan artistique pour vivre de plain-pied dans la Modernité,
tout en continuant d'habiter l'Acadie. |
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