Dans tous les domaines, les Acadiens développent des coutumes particulières : c'est le cas pour l'habillement, l'alimentation et la médecine, toutes tributaires de leurs activités économiques, des conditions géo-climatiques, des traditions apportées de l'Europe et des façons de faire apprises des Amérindiens.

 

Si les Acadiens sont perméables aux influences de l'extérieur, c'est aussi que les échanges commerciaux ont toujours été nombreux, aux niveaux régional et mondial. Dans l'ancienne Acadie, les trafiquants de fourrure sont très actifs et, tout au long du 18e siècle, les hommes et les femmes d'affaires jouent un rôle important à l'île Royale, notamment à Louisbourg.

Après la Déportation, la Baie Sainte-Marie entretient des échanges fructueux avec la Nouvelle-Angleterre et avec les Antilles, alors qu'à l'autre bout de la Nouvelle-Écosse, le commerce côtier transforme paysages et mœurs. La construction navale fleurit. Durant les dernières décennies du 18e siècle, Otho Robichaud établit un véritable petit empire commercial dans la péninsule acadienne. Pendant la Prohibition des années 1920, de nombreux Acadiens s'enrichissent grâce à la contrebande d'alcool. À cette époque de révolution des transports, d'autres ouvrent des garages et des compagnies d'autobus.

 

L'industrialisation et l'urbanisation ont un fort impact sur le mode de vie des Acadiens, particulièrement au Nouveau-Brunswick. À la fin du 19e siècle, la venue du chemin de fer transforme les villages acadiens, mais avant tout Moncton, qui devient un centre ferroviaire et industriel attrayant pour les gens des campagnes. La voie ferrée rejoint aussi la côte, ce qui permet à l'industrie de la conservation de se développer. La pêche au homard se transforme en un véritable Klondike, qui entraîne la croissance de certaines localités, dont Shédiac et Shippagan. Cette dernière devient un grand centre de pêche et sa Caisse populaire est la plus prospère de toute la région atlantique. Dans le nord de la province, les gros moulins à bois deviennent les centres autour desquels se développent de petites villes, telles Edmundston et Bathurst.

 

 

Depuis la Deuxième Guerre mondiale, l'activité économique s'est beaucoup développée en Acadie. S'il y a encore des millionnaires qui ont fait fortune dans la pêche, la construction et les domaines connexes ont aussi enrichi de nombreux Acadiens. Dans le comté de Kent et dans la péninsule acadienne, l'industrie de la tourbe est un secteur d'activités non négligeable. À Moncton, on parle aujourd'hui de miracle économique : les « centres d'appel » ont besoin d'employés bilingues, donc acadiens, et plusieurs entrepreneurs francophones percent dans ce secteur. Grâce aux nombreuses petites et moyennes entreprises qui ont été créées au cours des dernières décennies, une véritable classe d'entrepreneurs a vu le jour et elle joue un rôle important dans la société. Par toute l'Acadie, les nouvelles élites, conscientes que le développement culturel doit passer par le développement économique, s'activent pour faciliter l'implantation d'entreprises et de professionnels francophones.
À l'heure actuelle, 41% des Acadiens habitent les principales agglomérations urbaines des provinces de l'Atlantique. L'urbanisation et le développement économique ont modifié les mentalités, mais elles n'ont nullement effacé l'identité acadienne : au contraire, celle-ci s'est même affirmée dans ces centres de pouvoir et de savoir que sont les villes. Le fait a de quoi surprendre, car, chez les autres groupes francophones minoritaires, la migration vers les villes a souvent été le précurseur à l'assimilation culturelle. L'exemple acadien peut donner un nouvel espoir à tous ceux qui militent pour la survie culturelle des francophones.
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